Sanctions pétrolières : Moscou exploite les registres africains pour maintenir ses exportations

(KOBA FINANCES) – Face au durcissement des sanctions occidentales, Moscou déploie une stratégie maritime sophistiquée : immatriculer ses pétroliers sous pavillons africains afin de brouiller les pistes et maintenir ses exportations énergétiques.

Ce qui apparaissait comme des manœuvres ponctuelles d’évasion s’est transformé en un mécanisme structuré. Selon une étude du Robert Lansing Institute, plus de la moitié des fausses immatriculations recensées en mer sont liées à des juridictions africaines.

  • 83 navires ont revendiqué une immatriculation aux Comores.
  • Au Cameroun, le tonnage du registre maritime a bondi de 126 % en un an, principalement du fait de pétroliers liés à la flotte fantôme russe.

Les limites des sanctions américaines

Pour Washington, ces pratiques compliquent le suivi des routes maritimes, l’identification des bénéficiaires effectifs et la vérification des assurances. Plus les navires opèrent sous des pavillons opaques, plus il devient difficile d’imposer des coûts financiers directs à Moscou.

La Russie démontre ainsi les failles du système international d’immatriculation maritime, exploitant la gouvernance limitée de certains registres pour poursuivre ses exportations.

Le rôle des registres africains

Certains registres fonctionnent comme des services commerciaux ouverts aux armateurs étrangers, avec des contrôles variables. Cela facilite les changements rapides de pavillon et rend les navires plus difficiles à tracer, surtout lorsqu’ils changent fréquemment d’identité ou d’opérateur.

Le Togo dans l’écosystème

Le Togo est également cité par le Robert Lansing Institute. Son registre est considéré comme accessible et associé à des pratiques de pavillon de complaisance. Le pays est identifié comme une plateforme régionale de redistribution de carburants à bas coût, un point déjà soulevé en 2025 par l’industriel Aliko Dangote, qui alertait sur les effets de ces flux sur la concurrence régionale.