UEMOA : Rebond de l’indice des prix des produits exportés en décembre 2025

(KOBA FINANCES) – Selon la note de conjoncture économique des pays de l’UEMOA, récemment rendue publique par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), après un recul de 1,9 % en novembre, l’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA a progressé de 3,7 % en décembre 2025.

D’après la Banque centrale, cette reprise s’explique par la remontée des cours de plusieurs matières premières non énergétiques, notamment l’huile de palme (+10,4 %), l’or (+5,6 %) et le cacao (+4,2 %). L’uranium (+3,1 %), le caoutchouc (+0,7 %) et le coton (+0,5 %) ont également contribué à cette dynamique.

Les produits énergétiques ont apporté un soutien supplémentaire, avec une hausse du gaz naturel (+1,5 %) et du pétrole (+0,4 %). À l’inverse, les cours du phosphate (-11,4 %), du café (-9,9 %) et du zinc (-0,3 %) se sont contractés.

Facteurs de soutien

  • Huile de palme : demande robuste, notamment en provenance d’Inde.
  • Or : regain d’intérêt pour les valeurs refuges, alimenté par les incertitudes géopolitiques, le ralentissement du marché du travail américain et les achats massifs des banques centrales.
  • Cacao : difficultés logistiques en Côte d’Ivoire, avec des camions immobilisés au port d’Abidjan, réduisant l’offre mondiale. Les anticipations liées à son intégration dans l’indice Bloomberg Commodity Index en janvier 2026 ont renforcé la tendance.
  • Uranium : demande soutenue par l’essor des centres de données et les investissements dans le nucléaire civil, favorisés par un assouplissement réglementaire aux États-Unis.
  • Caoutchouc : inquiétudes sur l’offre en Thaïlande, affectée par des perturbations climatiques et des contraintes logistiques.
  • Coton : demande accrue, stimulée par la hausse du prix du pétrole qui renchérit le polyester et rend le coton plus attractif.

Produits énergétiques

  • Pétrole : tensions géopolitiques en Ukraine, au Moyen-Orient et au Venezuela, alimentant les craintes sur l’offre mondiale.
  • Gaz naturel : conditions hivernales plus froides, baisse des stocks européens et incertitudes sur l’approvisionnement en GNL.

Produits en repli

  • Phosphate : ralentissement de la consommation mondiale d’engrais et baisse des prix des céréales.
  • Café : perspectives d’approvisionnement améliorées grâce à des conditions climatiques favorables au Brésil.
  • Zinc : contraction de la demande industrielle en fin d’année.

Comparaison annuelle

Par rapport à décembre 2024, l’indice des prix des produits exportés par l’UEMOA a reculé de 7,7 %. Les baisses les plus marquées concernent le cacao (-43,9 %), le caoutchouc (-23,5 %), le café (-19,3 %), le pétrole (-13,4 %) et le coton (-7,7 %). En revanche, l’or (+63,2 %), le phosphate (+10,4 %), l’uranium (+6,5 %) et le zinc (+4,4 %) ont progressé.

Produits alimentaires importés

L’indice des prix des produits alimentaires importés est resté stable en décembre 2025, après une baisse de 1,6 % en novembre.

  • En recul : lait (-6,8 %), riz (-4,2 %), huile de soja (-1,7 %), sucre (-0,7 %).
  • En hausse : blé (+21,2 %).

Les baisses s’expliquent par une offre abondante (lait en Europe et Nouvelle-Zélande, riz en Asie, sucre au Brésil) et par des anticipations de récoltes abondantes en Amérique du Sud pour le soja.

Sur un an, l’indice en devise a chuté de 15,8 %, tiré par le riz (-32,8 %), le lait (-15,0 %) et le sucre (-10,6 %). En franc CFA, la baisse atteint 28,5 %, malgré la hausse du blé (+7,2 %).

Ce double mouvement notamment rebond mensuel mais recul annuel, traduit la volatilité des marchés mondiaux et la dépendance de l’UEMOA aux chocs externes. Les produits agricoles restent exposés aux aléas climatiques et logistiques, tandis que les minerais stratégiques et l’or bénéficient d’une demande soutenue par les tensions géopolitiques et les mutations technologiques.

Pour les pays de l’Union, la hausse ponctuelle de décembre offre un répit, mais la tendance annuelle souligne la nécessité de diversifier les exportations et de renforcer les chaînes logistiques afin de limiter l’impact des perturbations mondiales.